Communication générée par IA : quelles obligations pour les entreprises depuis le 2 août 2026 ?

Published by philippe Brognon on

Intelligence artificielle et communication

Communication et intelligence artificielle : que faut-il signaler depuis le 2 août 2026 ?

Textes, images, photographies, vidéos, voix synthétiques ou chatbots : l’AI Act impose de nouvelles règles de transparence. Mais cela ne signifie pas qu’il faut afficher « généré par IA » sur chaque contenu.

La règle essentielle

Une infographie, une illustration abstraite ou un texte commercial relu par une personne ne doit généralement pas porter une mention visible. La vigilance concerne principalement les contenus réalistes susceptibles d’être pris pour authentiques.

L’intelligence artificielle est désormais utilisée pour rédiger des articles, préparer des publications Facebook, créer des illustrations, retoucher des photographies, produire des vidéos ou répondre aux visiteurs d’un site internet.

Depuis le 2 août 2026, de nouvelles obligations de transparence prévues par le règlement européen sur l’intelligence artificielle, plus connu sous le nom d’AI Act, sont applicables.

Faut-il désormais ajouter la mention « généré par IA » sur chaque texte, image ou publication créé avec l’aide d’une intelligence artificielle ?

La réponse est non. L’AI Act n’impose pas d’étiqueter publiquement tous les contenus auxquels une intelligence artificielle a contribué.

Ce qui change réellement depuis le 2 août 2026

L’article 50 de l’AI Act prévoit plusieurs obligations de transparence. Il faut toutefois distinguer les responsabilités du fournisseur de l’outil d’intelligence artificielle de celles de l’entreprise qui utilise cet outil.

01

Les fournisseurs d’outils

Les fournisseurs de systèmes génératifs doivent notamment intégrer des moyens techniques permettant d’identifier les contenus générés ou manipulés par leurs systèmes.

Il peut s’agir de métadonnées ou d’un marquage lisible par une machine.

02

Les entreprises utilisatrices

Une entreprise utilisant professionnellement l’IA est appelée « déployeur » dans le règlement.

Elle doit informer visiblement le public dans certaines situations précises, et non pour chaque utilisation de l’IA.

Les principales situations concernées

  • Une image, une vidéo ou un contenu audio constitue un deepfake.
  • Un texte d’intérêt public est publié sans examen humain ni responsabilité éditoriale.
  • Une personne échange avec un système d’IA sans que cela soit suffisamment clair.
  • Une personne est exposée à certains systèmes de reconnaissance des émotions ou de catégorisation biométrique.

Source officielle : lignes directrices de la Commission européenne sur l’article 50 .

Tous les contenus créés avec l’IA doivent-ils être signalés ?

Non. L’utilisation d’une intelligence artificielle ne déclenche pas automatiquement l’obligation d’afficher une mention.

Pour déterminer si une information visible est nécessaire, il faut examiner plusieurs éléments.

1

Le sujet représenté

Le contenu représente-t-il une personne, un lieu, un produit, une entreprise ou un événement existant ?

2

Le degré de réalisme

Le résultat ressemble-t-il à une vraie photographie, une véritable vidéo ou un enregistrement authentique ?

3

Le risque de confusion

Le public pourrait-il croire que la scène représentée s’est réellement produite ?

4

Le contrôle humain

Le contenu a-t-il été vérifié et validé par une personne qui en assume la responsabilité ?

La bonne question à se poser

Ce contenu peut-il être pris à tort pour une représentation authentique de la réalité ?

Une simple infographie doit-elle être identifiée comme générée par IA ?

Une infographie composée de textes, de pictogrammes, d’icônes, de formes graphiques et d’éléments conceptuels ne constitue généralement pas un deepfake.

Mention généralement non nécessaire

Exemple : l’image mise en avant d’un article

Une image comprend le titre « Communication et IA », un bouclier, une représentation graphique d’un document, d’une vidéo et d’un chatbot.

Elle ne représente aucune scène réelle et ne cherche pas à faire croire qu’un événement authentique s’est produit.

Conclusion : une mention visible du type « illustration générée avec l’IA » n’est normalement pas obligatoire. Elle peut néanmoins être ajoutée volontairement.

Généralement sans mention

  • Schéma explicatif abstrait
  • Icônes représentant des services
  • Graphique ou diagramme
  • Illustration manifestement fictive
  • Composition typographique

Vérification nécessaire

  • Lieu existant reproduit avec réalisme
  • Produit réel artificiellement transformé
  • Personne identifiable dans une scène inventée
  • Faux document présenté comme authentique
  • Événement réel modifié ou reconstitué

Quels textes doivent porter une mention ?

Une entreprise peut utiliser l’intelligence artificielle pour préparer une page de service, un article, une newsletter, une description de produit, une FAQ ou une publication sur les réseaux sociaux.

L’AI Act n’impose pas une mention visible sur chacun de ces textes simplement parce qu’un outil d’intelligence artificielle a participé à leur rédaction.

Artisan

Une page de service rédigée avec l’IA

Un chauffagiste utilise l’IA pour structurer une page consacrée au remplacement de chaudières.

Il vérifie les informations, corrige le texte et l’adapte à ses prestations réelles.

Mention visible : non
PME

Des publications LinkedIn préparées automatiquement

Une entreprise demande à un outil d’IA de transformer un article en plusieurs publications.

La personne responsable de la communication relit, adapte et valide chaque publication.

Mention visible : non
Association

Une information publique publiée sans contrôle

Une association publie automatiquement des résumés concernant une réforme sociale, sans relecture humaine.

Le contenu informe le public sur une question d’intérêt public.

Mention visible : potentiellement oui
Blog professionnel

Un article juridique relu et sourcé

Un article est préparé avec l’aide de l’IA, puis vérifié, corrigé, sourcé et validé par l’entreprise qui le publie.

Une personne morale assume clairement sa responsabilité éditoriale.

Mention visible : non, en principe
Le contrôle humain doit être réel

Une simple publication automatique, sans vérification des faits, ne peut pas être présentée comme un véritable contrôle éditorial.

Quand une image générée ou modifiée doit-elle être signalée ?

La vigilance doit être renforcée lorsqu’une image représente de manière réaliste une personne, un objet, un lieu, une entreprise ou un événement existant dans une situation artificiellement créée.

Dirigeant Oui

Une personne placée dans une conférence fictive

Un indépendant fournit plusieurs photographies de son visage. Une IA le représente ensuite sur une scène de conférence à laquelle il n’a jamais participé.

Le public pourrait croire qu’il s’agit d’une photographie réelle.

Image générée ou modifiée par intelligence artificielle.
Publicité Prudence

Un commerçant transformé en personnage humoristique

Le propriétaire d’un restaurant apparaît en chef cuisinier dans une cuisine imaginaire, avec un résultat photoréaliste.

Le caractère humoristique peut être évident, mais l’image utilise une personne réelle dans une scène qui n’a pas existé.

Visuel publicitaire créé avec l’assistance de l’IA.
Retouche Non

Une correction photographique légère

Une photographe recadre un portrait, ajuste la luminosité, améliore légèrement la netteté et corrige les couleurs.

La nature et la signification de la scène ne sont pas substantiellement modifiées.

Décor Probablement

Un arrière-plan complètement remplacé

Une consultante photographiée dans son bureau est placée dans une salle de réunion luxueuse qu’elle n’a jamais visitée.

Si le résultat ressemble à une vraie photographie, la modification peut influencer la perception de son activité.

Décor modifié par intelligence artificielle.

Les produits et les locaux d’une entreprise sont aussi concernés

La définition du deepfake ne concerne pas uniquement les personnes. Elle peut également couvrir des objets, des lieux, des entités ou des événements existants.

Appartement meublé artificiellement

Une agence immobilière utilise la photographie réelle d’un appartement vide et demande à une IA d’y ajouter du mobilier.

Une formulation claire et utile serait :

Aménagement virtuel réalisé avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Chambre d’hôtel embellie artificiellement

Un hôtel ajoute une terrasse inexistante, agrandit visuellement la chambre ou remplace la vue réelle.

Une mention ne suffit pas nécessairement à rendre la publicité acceptable. Il faut éviter de présenter une infrastructure inexistante comme une réalité.

Plat de restaurant entièrement généré

Un restaurant publie une image photoréaliste d’un plat qui ne correspond pas à ce qui est réellement servi.

Le principal risque est également de créer une attente trompeuse chez le client. Une vraie photographie du produit reste préférable.

Visualisation d’un futur projet

Un architecte présente une visualisation générée par IA d’un bâtiment qui n’est pas encore construit.

Visualisation du projet — image non contractuelle générée avec l’assistance de l’IA.

Vidéos, avatars et voix synthétiques

Les contenus audio et vidéo sont concernés lorsqu’ils ressemblent à une personne ou à un événement existant et peuvent être pris pour authentiques.

Avatar vidéo d’un dirigeant

Une PME utilise la photo et la voix de son dirigeant pour générer une vidéo dans laquelle il présente une nouvelle offre, sans avoir réellement enregistré cette intervention.

Une mention visible est nécessaire.
Vidéo et voix générées par intelligence artificielle à partir de l’image du dirigeant.

Traduction avec synchronisation labiale

Une véritable intervention est traduite dans une autre langue et les mouvements des lèvres sont artificiellement modifiés.

Le public doit comprendre la nature de la modification.
Voix et synchronisation labiale générées par intelligence artificielle.

Montage vidéo classique

Un logiciel intégrant de l’IA supprime les silences, stabilise l’image, corrige le son ou génère des sous-titres.

Une mention visible n’est normalement pas nécessaire.

Un chatbot doit-il se présenter comme une intelligence artificielle ?

Lorsqu’un système d’intelligence artificielle échange directement avec une personne, celle-ci doit être informée qu’elle dialogue avec un système d’IA, sauf si cela est déjà évident compte tenu du contexte.

Assistant virtuel
Bonjour, je suis l’assistant virtuel de notre entreprise. Je fonctionne à l’aide de l’intelligence artificielle et peux vous aider à trouver une information ou à transmettre votre demande à notre équipe.

Pratique transparente

Le bouton indique « Assistant IA » et le message d’accueil précise immédiatement qu’il s’agit d’un système automatisé.

Pratique problématique

Le chatbot utilise la photo et le prénom d’une employée et répond comme s’il s’agissait d’une personne réelle, sans aucune information.

Où et comment afficher la mention lorsqu’elle est nécessaire ?

L’information doit être claire, distincte, accessible et communiquée au plus tard au moment où la personne est exposée au contenu pour la première fois.

Directement associée

La mention doit être placée sur le contenu ou immédiatement à proximité.

Facilement lisible

Elle ne doit pas être cachée dans les conditions générales ou rendue illisible par sa petite taille.

Conservée au partage

Pour les réseaux sociaux, son intégration dans l’image ou la vidéo permet de la conserver en cas de repartage.

Préférer une formulation précise

Formulation parfois trop vague

Créé avec l’assistance de l’IA.

Formulations plus informatives
  • Image générée ou modifiée par intelligence artificielle.
  • Voix synthétique générée par intelligence artificielle.
  • Décor et vêtements modifiés par intelligence artificielle.
  • Aménagement virtuel réalisé par intelligence artificielle.

Les pictogrammes proposés par l’Union européenne peuvent être utilisés, mais ils restent facultatifs. Leur utilisation ne garantit pas à elle seule la conformité.

Source officielle : icônes européennes pour l’étiquetage des contenus générés par IA .

Tableau pratique pour les indépendants et les PME

Utilisation de l’intelligence artificielle Mention visible généralement requise ?
Correction orthographique d’un article Non
Article commercial généré puis vérifié et validé Non
Publication Facebook relue par l’entreprise Non
Infographie avec icônes et formes abstraites Non
Illustration fictive sans élément réel Non, en principe
Recadrage ou correction de luminosité Non
Photo réaliste d’un dirigeant dans une scène inventée Oui
Changement réaliste des vêtements d’une personne Probablement
Appartement réel meublé artificiellement Oui
Faux témoignage vidéo d’un client Oui
Voix clonée d’une personne réelle Oui
Avatar réaliste faisant parler un dirigeant Oui
Chatbot pouvant être pris pour une personne Information nécessaire
Texte d’intérêt public publié sans contrôle humain Oui
Texte d’intérêt public relu et assumé éditorialement Non, en principe

Ce tableau fournit des repères généraux. L’évaluation dépend toujours du contenu, de son réalisme, de son contexte et du risque de confusion.

Une mention ne remplace pas les autres autorisations

Le fait d’indiquer qu’une image a été générée ou modifiée par IA ne donne pas automatiquement le droit de l’utiliser.

Droit à l’image

La personne représentée doit avoir autorisé l’utilisation commerciale et les transformations prévues.

Droits du photographe

La photographie originale peut être protégée par le droit d’auteur, même lorsque la personne représentée a donné son accord.

Protection des données

L’utilisation d’une image permettant d’identifier une personne peut impliquer des obligations relatives au RGPD.

Publicité loyale

Une mention IA ne permet pas de présenter un produit, un local ou un service d’une manière trompeuse.

La checklist en six questions

Cette grille permet de vérifier rapidement si une mention de transparence doit être envisagée.

  1. 1

    Le contenu représente-t-il une personne, un produit, un lieu, une entreprise ou un événement existant ?

  2. 2

    L’IA a-t-elle changé de manière importante la réalité de la scène ?

  3. 3

    Un internaute pourrait-il croire qu’il s’agit d’une photographie, d’un enregistrement ou d’un événement authentique ?

  4. 4

    Le texte a-t-il été réellement relu, vérifié et validé par une personne ?

  5. 5

    Une personne ou une entreprise assume-t-elle clairement la responsabilité éditoriale ?

  6. 6

    Une mention permettrait-elle au public de mieux comprendre ce qui a été généré ou modifié ?

En pratique

Lorsque le contenu est une simple illustration graphique sans risque de confusion, une mention visible n’est généralement pas indispensable.

Lorsqu’il reproduit de manière réaliste une personne, un lieu, un objet ou une situation existante, la transparence doit devenir le réflexe.

Utiliser l’IA sans perdre le contrôle humain

MMBeWeb utilise les outils d’intelligence artificielle comme une assistance à la création, tout en maintenant un contrôle humain sur les textes, les visuels et les publications produits.

  • Vérification des informations avant publication
  • Adaptation des contenus à l’activité réelle du client
  • Distinction entre infographie et image photoréaliste
  • Validation des transformations impliquant une personne réelle
  • Ajout d’une mention lorsqu’un contenu peut sembler authentique
  • Identification claire des assistants fonctionnant avec l’IA

L’objectif n’est pas d’apposer une étiquette sur chaque création numérique.

Il est d’utiliser l’intelligence artificielle de manière professionnelle, transparente et compréhensible.

Tout contenu créé avec l’IA ne doit pas être étiqueté

Une simple infographie, une illustration abstraite, un texte commercial relu ou une retouche photographique légère ne nécessitent généralement pas de mention visible.

La vigilance devient nécessaire lorsque l’IA produit un contenu réaliste pouvant faire croire qu’une personne a prononcé certaines paroles, qu’elle a participé à un événement, qu’un lieu possède certaines caractéristiques ou qu’un produit correspond à une représentation artificielle.

La vraie question n’est pas seulement de savoir si l’IA a été utilisée, mais si le contenu peut être pris à tort pour une représentation authentique de la réalité.

Questions fréquentes

Faut-il signaler tous les textes écrits avec ChatGPT ?

Non. Un texte commercial ou éditorial préparé avec l’aide de ChatGPT puis relu, corrigé et assumé par une personne ou une entreprise ne doit généralement pas porter une mention visible.

Une publication Facebook créée avec l’IA doit-elle être identifiée ?

Pas automatiquement. Il faut examiner la nature du texte ou du visuel. Une publication relue et accompagnée d’une infographie abstraite ne nécessite généralement pas de mention.

Une infographie générée avec l’IA doit-elle être signalée ?

Non, en principe, lorsqu’elle se compose d’icônes, de formes, de textes ou d’éléments manifestement graphiques et qu’elle ne cherche pas à reproduire une réalité authentique.

Une photo légèrement retouchée est-elle concernée ?

Un recadrage, une correction de lumière ou une amélioration modérée de la netteté ne nécessitent normalement pas de mention, à condition de ne pas modifier substantiellement le sens de la photographie.

Peut-on transformer sa propre photo avec une IA ?

Oui, mais une mention peut être nécessaire lorsque le résultat photoréaliste vous place dans une scène qui n’a pas réellement existé et que le public pourrait prendre l’image pour authentique.

Une vidéo avec un avatar IA doit-elle comporter une mention ?

Oui lorsqu’un avatar réaliste représente une personne existante et lui fait prononcer des paroles qu’elle n’a pas réellement enregistrées.

Les logos proposés par l’Union européenne sont-ils obligatoires ?

Non. Leur utilisation est facultative. Une mention textuelle claire et compréhensible peut être utilisée.

Qui est responsable lorsque le contenu est créé par une agence ?

Les responsabilités peuvent concerner le commanditaire, le prestataire qui crée le contenu et l’entreprise qui le publie. Il est recommandé de définir clairement qui valide le contenu et qui ajoute la mention lorsqu’elle est nécessaire.

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